Un jour j’ai rencontré Georgio…

Un jour j’ai rencontré Georgio…

…Et depuis j’ai un frangin de plus dans ma famille de coeur. Chaque rencontre avec un artiste est unique comme le sont les relations intimes : on croit faire connaissance avec un autre, on a besoin d’une ou deux fois pour prendre la température et trouver une façon de communiquer qui nous est propre, on partage des moments magiques de créativité, de souvenirs joyeux et de déboires souvent amoureux, on fait des tentatives qui parfois n’aboutissent pas, et puis après tout ce temps passé, sans s’en rendre compte, on est devenu l’autre et l’autre est devenu nous, une histoire s’est écrite. Rencontrer un artiste c’est aussi rencontrer une partie de soi-même, une opportunité de voir un potentiel qu’on n’a pas vu chez soi, une peur ou une joie à côté de laquelle on est passée, apprendre de la vie, et comprendre après plusieurs semaines, mois, années, pourquoi on choisit tel ou tel métier.

 

Héra a été composée en un après-midi, comme une évidence, un acte à la fois nécessaire et spontané de rendre hommage à la Femme, pour lui comme pour moi.

À l’époque, Georges écoutait beaucoup de pop, il découvrait l’immense talent des anglo-saxons dans le domaine du song-writing, les joies d’apprendre la guitare et bientôt un goût mature pour les Doc Martens, qu’il m’avoua ne pas être encore prêt à porter. Cela a bien changé, puisqu’il écoute du rock et porte des jeans troués. En finalement peu de temps, je l’ai vu évoluer comme un grand frère regarde évoluer son petit frère, en lui apprenant des choses tout en apprenant des choses de lui. Et à ce moment de nos vies, cela faisait beaucoup sens de nous réunir sur un album pour parler des femmes, de l’amitié, du courage et de l’espoir, de la lumière après un tunnel de souffrance, de notre place en tant qu’hommes de ce monde, et artistes comme témoins de ce monde.

Pour la Vue du Sang, le fait d’avoir choisi un film d’animation pour donner forme à ce conte moderne faisait comme un écho à la bande son que nous avions en tête pour ce morceau.

Je n’ai que rarement connu ce que je pourrai appeler des êtres de lumière comme Georges. Ce genre de personnes qui sont traversées par la vie, et qui, de façon complètement naïve et singulière, parviennent à la transmettre à celles et ceux qui l’écoutent tout autant qu’aux personnages qu’il crée, inspirés des romans que l’école classique n’a pas pu lui fournir. Comme s’il avait choisi intuitivement l’école de la vie comme alliée la plus fidèle de sa créativité. Du 18e à la Roumanie, en passant par Londres et la Russie, Georgio m’a fait ce cadeau de voyager avec lui dans ces paysages émotionnels, aux allures de cités grecques et de promenades urbaines.

By | 2018-04-22T01:17:34+02:00 janvier 10th, 2018|Créations|0 Comments

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