Il me restera ça grâce à Grand Corps Malade 2018-04-03T23:17:23+02:00

Project Description

Comme beaucoup, la première fois que j’ai eu Fabien au téléphone, ça m’a fait bizarre : j’ai vraiment hésité entre un canular et sa réelle présence juste à côté de mon oreille. Après son discours très encourageant – il avait écouté Nuit 17 à 52 – et hyper clair quant à l’objet de son appel, j’ai vite compris que j’avais le privilège d’être choisi pour mettre en oeuvre un projet ovni qui allait réunir des monstres sacrés de la chanson française, des poètes de tous âges, des artistes populaires prêts à prendre le risque de se lancer avec nous en dehors de leur zone de confort.

 

Embarqué dans l’aventure avec mon ami Babx comme co-réalisateur, lui-même grand bonhomme de la chanson française hors des sentiers battus, je reçois par bribes de textes, de mots, de sons, de phrases, les premières propositions des guests. Chacun se prête à sa manière aux exigences du slam ou tout du moins de la déclamation, pour donner naissance à une forme de poésie libre avec comme seule contrainte cette mystérieuse phrase qui donnera le ton à cet album hybride.

Le premier essai aura été le bon puisqu’il se nommera la Résiliation.

 

Finalement j’étais assez loin de cette culture de la chanson française, et composer et réalisation cet album m’a permis d’en découvrir les richesses, les variations, les formes et de me replonger dans ce qui m’a toujours touché dans la langue de Molière. Pendant plusieurs semaines de laboratoire planqués dans le studio Pigalle, mon acolyte Babx, Fabien et moi avons défriché une multitude de couleurs, mélangé des ingrédients que nous ne pensions pas pouvoir mixer, mis les artistes dans des décors tordus, inconfortables, imagés et bruts à la fois, créé des tensions et des moments d’apaisement, poussé les partis pris jusqu’au bout, dépassé les limites de notre imagination, confié nos peurs et nos frustrations à nos instruments et machines, croisé Benjamin Lebeau (The Shoes) pour nous souffler une ou deux bonnes idées.

J’ai réalisé la puissance de créer à plusieurs au même endroit, en même temps… C’est comme si chacun était une facette différente de la même personne : riche et impossible à explorer seul.

Le résultat de cette oeuvre collective est pour ma part bien au-delà d’un disque de musique. J’ai rencontré un vrai grand frère de coeur qui m’a appris une belle leçon de créativité : la justesse ne se trouve pas dans l’écart entre deux notes d’une mélodie, mais dans l’espace entre l’artiste et l’être humain qui l’incarne. Plus les deux sont en harmonie, alignés, en résonance, plus ça sonne juste, ça se ressent juste. Quand tout se fait écho, il y a une transparence positive qui laisse transparaitre l’humain derrière l’artiste. Au contraire, quand l’artiste prend toute la place et se de rempart, de bouclier, de protection, de cachette, alors il cache l’être à son service. Le concert du Trianon et sa récompense montrent très bien cette idée. Quand le leader est à sa place et aligné, donc quand il est juste, tous les autres éléments sont en harmonie, et font écho à sa propre justesse.

 

Project Details

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