Maïeutique du kid Eddy de Pretto 2018-04-01T14:29:34+02:00

Project Description

Avec le recul, l’accouchement et la naissance d’Eddy de Pretto s’est faite avec beaucoup de fluidité, peu de douleurs et une rapidité fulgurante. Car il y avait déjà tout dès mon premier souvenir de lui en répétition au Studio Bleu : une voix, des mots, une gueule, et un certain talent pour bien s’entourer et s’accompagner pour faire ses premiers pas dans un monde qui le propulsera au statut de révélation.

Au départ, l’urgence était de mettre en forme ses maquettes et l’aider à préparer un set live pour des concerts avec un certain enjeu. Assis dans le canapé de la salle de répétition, lumières blanches et jaunes qui ne mettent personne à son avantage, je suis posté devant lui, avec mon café, en plein milieu d’après midi. Ce n’est pas la configuration la plus confortable pour un premier date. Il nous a fallu quelques minutes à peine pour faire tomber les masques de la timidité et rentrer dans ce que chacun sait faire de mieux : lui chanter ses chansons, et moi écouter ce garçon atypique briser les mur de la salle de répétition et nous faire entrer dans son univers de paillettes à la virilité nouvelle.

 

Les semaines de travail sur les arrangements de son live ont à leur tour donné naissance à l’envie de jouer les prolongations le temps de quatre ou cinq morceaux qui finiront sur son EP puis son album Cure, mené de front par les complémentaires Kyu Steed & Haze. Ces quelques mois de création et de réflexion avec l’enfant de Créteil m’ont rappelé à cette même exigence et aux partis pris que j’ai connus chez Héloïse (Christine and the Queens).

Ce qui me marque encore chez ces deux là c’est parfois cette absence totale de doute qu’ils sont à la bonne place, en train de contribuer à travers leur art à leur propre évolution intérieure et personnelle, et qu’ils parviennent à leur manière à rendre leur propos tellement intime qu’il en devient universel. Comme s’il fallait quelque part être au plus profond et au plus précis de Soi pour être en résonance avec l’environnement extérieur, avec l’autre. La clé pour ces artistes est, selon mon ressenti et mon expérience, garder comme cap de d’abord se toucher soi-même – et je pèse mes mots, plutôt que de vouloir à tout prix toucher l’autre.

Le rap et les rappeurs sont les nouveaux « preachers » en vogue aujourd’hui à l’instar des innombrables pros du développement personnel et autres quêtes du bien-être, de la spiritualité ou du bonheur : ce sont les deux faces d’une même pièce qui s’appelle l’authenticité.

Project Details

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